Trek à Torres del Paine

Mardi 15: Nous préparons le trek avec Aline et Damien. On va acheter bonnets, gants, nourriture pour les 5 jours de camping. Brad me prète sa tente et son tapis de sol et Aline et Damien on tout ce qu’il faut pour faire à manger, je n’ai donc aucun matériel à louer. Je peux laisser les affaires dont je n’aurai pas besoin à l’auberge, ce qui allège considérablement mon sac! Le soir, nous allons dans un restaurant que nous a conseillé Brad, le Cangrejo Rojo, qui fait beaucoup de fruits de mer et de poisson. On a également le droit à un coktail de Pisco sour (spécialité chilienne) en venant de la part de l’auberge. On y va avec un australien qui dort dans le meme dortoir que nous. On goute la spécialité: le chupe de centolla. C’est un mélange de chair d’araignée de mer avec oignons, pain trempé dans du lait, ail, piment et fromage, un régale! Notre dernier bon repas avant de partir à l’aventure. Brad me fait également gouter une omelette faite avec un oeuf de nandu (sorte d’autruche patagone), très bon aussi.

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Mercredi 16: Nous partons en début de matinée dans l’intention d’aller au parc en stop (150 km environ). Un taxi nous dépose en dehors de la ville et nous commençons à marcher. On n’est pas surs que ça marche à trois avec nos gros sacs en plus. On ne marche pas très longtemps avant qu’un camion nous prenne pour nous déposer un peu plus loin. 15 min plus tard, un 4×4 nous prend. C’est un jeune qui conduit, il ne parle pas beaucoup, il a l’air assez timide. Sur la route, il s’arrete pour déposer une bouteille d’eau dans un petit enclos. On est un peu surpris, je n’ai pas tres bien compris, j’ai d’abord cru que c’était pour une personne morte sur la route mais je crois que c’est pour une sorte de sainte, on croise beaucoup de ces maisonnettes au bord des routes. Il nous avance bien et nous dépose à une intersection au milieu de nulle part. On espère qu’une voiture de touristes en direction du parc nous prenne. En effet, à peine sommes nous descendus qu’un couple d’argentins nous prend en stop jusqu’à l’entrée du parc Laguna Amarga! On a finalement fait tout le chemin aussi vite que si on avait pris le bus. On ne pensais pas arriver si tot et dormir un peu avant l’entrée du parc pour passer le matin avant que les gardes soient là pour ne pas payer l’entrée qui est de près de 45 euros pour les étrangers. Il est à peine 14h donc nous décidons d’entrer maintenant et de payer. On nous donne un plan du parc et c’est parti!

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On commence à marcher en pensant nous diriger vers l’hosteria Las Torres à 7km (1h30 de marche). La route n’est pas tres fréquentée et on croise plein de guanacos qui nous regardent passer. Après plus de 2h, toujours rien. Nous nous rendons compte que nous n’avons pas pris la bonne direction et que nous sommes en fait en train de longer le Lago Nordenskjold par le sud en direction du port, c’est-à-dire que nous faisons le circuit à l’envers. Heureusement, une voiture passe un peu plus tard et nous conduit jusqu’au port oú on doit prendre un bateau sur le Lago Pehoe pour aller au refuge Paine Grande. Le bateau passe tous les jours à 12h, il est trop tard pour le prendre aujourd’hui. Il n’y a rien pour dormir au port, seulement une cafétéria pour attendre le bateau. Le paysage est peu accueillant, un incendie déclenché par un touriste en 2011 a détruit des hectares entiers de foret et le vent souffle très fort, près de 100 km/h! On rentre dans la cafèt pour boire un cappucino. On parle un peu avec les gens qui travaillent là et un homme nous propose de nous déposer au camping Lago Pehoe qui est à 7km au sud. On eccepte, on dormira là bas et on fera le chemin inverse à pied le lendemain pour prendre le bateau. Le paysage est vraiment magnifique avec les montagne enneigées qui surplombent le lac bleu turquoise. On a un peu peur du vent pour les tentes, heureusement, le campimg met à disposition des abris pour les installer avec de quoi faire un feu. À l’abris du vent il ne fait pas si froid et le feu nous réchauffe avant de dormir.

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Jeudi 17: Après une nuit un peu fraiche, nous nous mettons en route pour le port. Nous avons réussi à négocier le pris de la nuit, nous étions le seuls au camping: nous payons le prix de 2 personnes au lieu de trois. Après 2h de marche, on arrive à la cafétéria oú nous prenons une boisson chaude avant de prendre le bateau. À bord, je tombe sur Thibaud, un français que j’avais rencontré à l’auberge de Puerto Madryn! Il est seul et nous lui proposons de continuer le voyage avec nous. Depuis le bateau, la vue est incroyable. Après 30min de traversée, nous arrivons au refuge Paine Grande. Le vent souffle toujours aussi fort mais il y a une salle à disposition pour les campeurs oú on peut faire à manger. On mange là bas, à l’abris du vent. Le soleil est au rendez-vous.

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Nous repartons en direction du Refugio Grey qui se trouve à 11km, 4h (avec nos 15 kilo sur le dos) de marche prévues. Décidemment, on joue de malchance, on prend encore une fois la mauvaise direction! On s’en rend comtpe 30min plus tard environ et on rebrousse chemin. Ce n’est pas si grave que ça, on a pu voir un paysage magnifique et ça ne fais qu’une heure de perdue. On repart sur la bonne route cette fois. Le chemin est assez ardu, ça monte pas mal au début et le vent souffle fort une fois en haut. Au bout de 2h de marche, nous dècouvrons une vue extraordinaire sur le glacier Grey, un véritable champ de glace! Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi grandiose! La dernière heure est la plus dure, la fatigue se fait sentir. On arrive finalement au refuge oú nous allons camper. Les emplacements sont à l’abris du vent et nous avons une salle à disposition. Une bonne douche chaude ça fait du bien (si on a le courage d’enlever ses vetements).

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Vendredi 18: Le lendemain, c’est un peu dur de repartir, les courbatures se font sentir! On fait le chemin inverse pour retourner au Refugio Paine Grande puis continuer jusqu’au campmiento italiano. Le retour est plus facile que l’allée, nous avons le vent dans le dos, il souffle encore plus fort que la veille. On arrive au Refugio Paine Grande sans trop de difficultés et on mange dans la meme salle que la veille. On fait une petite sieste allongés sur les tables au soleil, ça fait du bien!

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Il faut finalement repartir dans le vent pour atteindre la Campamiento Italiano qui est à 2h30 de marche. Le chemin est assez facile, il longe le lac et ça ne monte pas trop. Par contre on a le vent de coté qui nous déséquilibre pas mal. On a de la chance, il fait toujours beau. On arrive au campement en fin d’après midi, celui-ci est gratuit. On ne dispose que d’un abris en bois pour faire à manger. C’est un peu dur de ne pas avoir de salle où se réchauffer et de ne pas pouvoir faire de feu mais on est dans une foret, à l’abris du vent.

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Samedi 19: Le beau temps n’est plus au rendez-vous, il fait gris et il commence à pleuvoir. Nous prévoyons de faire l’aller-retour jusqu’au mirador un peu après le campamiento britannico, dans la Valle del Francès. On peut laisser les sacs au camping, on se sent bien plus légers sans! Heureusement car le chemine est difficile, ça monte beaucoup et il faut parfois escalader des rochers. Après une bonne heure de marche, Damien et Aline décident de rentrer au campement, il y a beaucoup de nuages et on n’est pas surs de voir grand chose une fois arrivés en haut et il commence à neiger! Je continue quand meme avec Thibaud. La suite est plus facile, on passe dans la foret. On entend parfois les blocs de glace se détacher du glacier tout près. En effet, on ne voit rien une fois arrivés en haut, les nuages cachent les Torres. La descente est assez rapide, on met un peu moins de temps que prévu sur la carte.

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Arrivés en bas, on croise Aline et Damien qui partent pour le Refugio Los Cuernos (2h de marche). Je mange avec Thibaud au camping et on les rejoint au refuge dans l’après midi. Sur le chemin, c’est une véritable tempete de neige qui se déclenche, il n’y en a pas d’habitude à cette époque de l’année. On retrouve Damien et Aline au Refugio Los Cuernos. Dans le refuge, il faut bien chaud, un poele chauffe la salle. On regarde la neige et le vent au dehors, désespérés à l’idée de dormir dehors! Je vais voir la réception pour voir si je peux négocier le prix du dortoir en refuge qui est exhorbitant (35 euros par personnes sans le déjeuner). Ils me proposent d’abord de ne faire payer que 3 personnes sur 4 mais ça reste trop cher pour Aline et Damien qui préfèrent dormir en tente. Je leur demande alors pour 2 personnes et ils me proposent moitié prix, accepté! Pour se redonner du courage, j’achète une bouteille de vin qu’on se partage à 4 avec des chips au coin du feu. Nous allons ensuite préparer à manger dans une salle à part, elle aussi munie d’un poele, heureusement. Dans la soirée, les gens du refuge viennent proposer aux campeurs des places en dortoir à moitié prix aussi, Damien et Aline craquent, il faut vraiment le vouloir pour rester dehors! On va tous se coucher à l’abris, meme si les chambres ne sont pas vraiment chauffées (il n’y a qu’un poele dans le couloir).

Dimanche 20: Le lendemain, le temps n’est pas si mal, la neige a cessé et le soleil fait son apparition. Nous partons pour le Campamiento Chileno. Il faut d’abord faire 11km jusqu’à l’Hosteria Las Torres puis 2h de marche en montée jusqu’au refuge. Heureusement, il y a un raccourci qui permet de couper en ne passant pas par l’Hosteria. Le chemin est assez facile et on avance vite. Thibaud nous quitte car il doit se dépécher pour prendre un bus pour rentrer à Puerto Natales.

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Après une bonne montée, on arrive plus tot que prévu au Refugio Chileno et on décide d’aller jusqu’au campamiento Las Torres, plus haut et gratuit. On s’arrete deux heures au refuge pour boire un chocolat chaud près du poele et jouer aux cartes avant de repartir. Ca me fait du bien car je commence à avoir mal au tendon (montée + sac sur le dos). Le chemin monte bien à travers la foret et on arrive vers 19h après 1h30 de marche. On décide de laisser nos sacs au campement et de monter jusqu’au mirador avant la tombée de la nuit (1h30 aller-retour). La montée est rude mais on arrive finalement en haut de la montagne. J’arrive un peu avant eux et je découvre les Torres que je voyais d’en bas. L’endroit est extraordinaire. On n’entend que le vent, autour il n’y a que la neige et les rochers et quand les nuages se dissipent, on voit ces 3 tours de pierre qui s’élèvent au dessus d’un lac d’un bleu surnaturel. C’est la récompense de tous ces jours de marche. Damien et Aline arrivent, époustouflés par le panorama. On redescend tranquillement et on arrive au campement vers 21h. On a le temps de monter les tentes avant qu’il fasse nuit noire. Le réchaud d’Alinee t Damien commence à rendre l’ame, on devra se contenter de pates à moitié cuites avec l’éternelle sauce tomates, on a tous hate de pouvoir manger autre chose! On va se coucher un peu à reculons, il y a du vent et la neige a recommencé à tomber. J’emprunte leurs couvertures de survie à Damien et Aline pour me protéger du froid et de l’humidité de la foret.

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Lundi 21: La nuit se passe sans que j’ai trop froid et nous partons tot, vers 7h pour descendre au refuge prendre notre petit déjeuner au chaud. On arrive vers 8h30. Ils servent des petits déjeuners mais c’est très cher… Encore une fois, j’essaye de négocier et je réussi a avoir 3 déjeuners plus trois chocolats chauds pour seulement 10 000 pesos chiliens (environ 15 euros). Je commence à y prendre gout, dommage qu’on ne puisse pas négocier en France. On reste au refuge 2h puis on redescend tranquillement jusqu’à l’Hosteria Las Torres. On continue ensuite à pied jusqu’à l’entrée du parc sur la route qu’on aurait du prendre dans l’autre sens le premier jour. Une voiture nous prend en stop et nous dépose à l’entrée, ce qui nous évite 1h30 de marche en plus. C’est ici que nous nous séparons, Aline et Damien veulent continuer en stop jusqu’à El Calafate, en Argentine, et moi je prend le bus qui me ramène à Puerto Natales. On se recroisera peut etre en Argentine. J’ai passé 5 jours super avec eux et je suis très contente d’avoir fait leur connaissance! J’espère bien les revoir une fois rentrée en France…

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13 réflexions sur “Trek à Torres del Paine

  1. Encore merci pour ces photos magnifiques et bravo pour votre énergie physique! Je continue volontiers le voyage avec toi, installée confortablement dans ma maison, bien à l’abri de ton vent et de ta neige mais les yeux pleins de paysages époustouflants. J’attends la suite! Bizzzz

  2. C’est génial ! Tes photos, pfiou ! J’ai grelotté en te lisant, quelle randonneuse, que dis-je, baroudeuse tu fais, je t’embrasse.

  3. Les mots commencent à manquer pour te dire ce que je ressens à te lire ! 🙂

    Tiens je te laisse un lien sur une fille Sophie qui elle fait le tour du Pôle Nord. Son blog au Sud du Pôle Nord : http://ausuddupolenord.com/ !? … j’y suis tombé dessus en cherchant le tien.
    Elle à l’air super ! … et cela m’a fait penser à l’histoire Pôle Nord – Pôle Sud qu’on vous lisait quand vous étiez petites, des deux pingouins qui vivaient aux deux extrémités de la planète et qui un jour se sont rencontrés ! 🙂

  4. je suis époustouflée par ton voyage et ton blog! on a l’impression d’être un peu avec toi d’une certaine manière ! c’est sympa de voir des photos de toi!

  5. Nous venons de prendre connaissance de ton blog seulement à l’instant et nous l’avons parcouru avec grand plaisir
    Les photos sont superbes et les récits sont très vivants et passionnants. Nous te revoyons la veille du départ à la maison avec tes grosses chaussures rouges de randonnées par 25° « pour qu’elles se fassent »
    Visiblement oui, elles se sont faites pour avaler autant de kilomètres , mais une question nous taraude :  » Comment va ton tendon? » Profites bien te ton voyage, nous continuons à suivre ton aventure avec grand intérêt

    • Mince! je pensais que Marine vous aurait montré le lien… Pour mettre fin a vos interrogations, mon tendon a été un peu malmené, les 35 km d’il y a 2 jours n’ont pas aidé, je vais un peu me calmer niveau km et dénivelé, au moins pour qq jours… Bisous a tous les 4!

  6. C’est vraiment magnifique! je donnerais tout pour être la où tu es! C’est avec le coeur lourd de nostalgie et d’envie de voyage que je lis et relis ton blog! j’espère sincèrement que tout iras pour le mieux, je t’embrasse!

  7. Wouf! Tu t’es battu pour voir ces magnifiques paysages! Ce que je préfère sur les photos c’est le contraste entre le bleu du lac et ton bonnet rouge XD. Quoique, le contraste entre le froid ambiant et ton sourire chaleureux n’est pas mal non plus…

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