Récits de voyage

Le voyage ne commence pas le jour du départ mais dès le moment où le projet naît dans l’esprit du voyageur. « Tout voyageur est, d’abord, un rêveur ». Les guides de voyages, les photos sur internet, les récits de voyageurs… toute cette littérature contribue à construire une destination rêvée qui n’existe que dans l’imagination du futur explorateur. Un Eldorado fantastique riche en paysages à vous couper le souffle et en rencontres inoubliables où pourrons se réaliser tant d’expériences potentielles. Il ne reste plus qu’à confronter cet idéal à son double réel, sûrement différent mais sans doute pas inférieur…

Deux récits, deux Patagonies différentes. L’un est un récit d’aventure, porté par la jeunesse de son auteur, l’autre est un dernier regard, jeté avec nostalgie sur une réalité emprunte de fantastique vouée à disparaître.

Bruce Chatwin, En Patagonie, 1977

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« D’où vient la vocation, comment naît une oeuvre? À cause d’un fragment de peau de brontosaure, exposé dans une vitrine chez sa grand-mère, à cause d’une carte de la Patagonie, accrochée à un mur du salon d’Eileen Gray, le jeune Bruce Chatwin a décidé, un jour, de tout quitter pour explorer ce bout du monde. Et le livre qu’il en a rapporté est, sans doute, l’un des plus curieux et des plus cocasses récits de voyages jamais écrits. La Patagonie de Bruce Chatwin? un Eldorado littéraire. »                                                                                                                                    Quatrième de couverture

Luis Sepulveda (texte) et Daniel Mordzinski (photos), Dernières nouvelles du Sud, 1996

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« Nous sommes partis un jour vers le sud du monde pour voir ce qu’on allait y trouver. Notre itinéraire était très simple: pour des raisons de logistique, le voyage commençait à San Carlos de Bariloche puis, à partir du 42e Parallèle, nous descendions jusqu’au Cap Horn, toujours en territoire argentin, et revenions par la Patagonie chilienne jusqu’à la grande île de Chiloé, soit quatre mille cinq cents kilomètres environ. Mais, tout ce que nous avons vu, entendu, senti, mangé et bu à partir du moment où nous nous sommes mis en route, nous a fait comprendre qu’au bout d’un mois nous aurions tout juste parcouru une centaine de kilomètres. Sur chacune des histoires passe sans doute le souffle des choses inexorablement perdues, cet «inventaire des pertes» dont parlait Osvaldo Soriano, coût impitoyable de notre époque. Pendant que nous étions sur la route, sans but précis, sans limite de temps, sans boussole et sans tricheries, cette formidable mécanique de la vie qui permet toujours de retrouver les siens nous a amenés à rencontrer beaucoup de ces «barbares» dont parle Konstantinos Kavafis.

Quelques semaines après notre retour en Europe, mon socio, mon associé, m’a remis un dossier bourré de superbes photos tirées en format de travail et on n’a plus parlé du livre. Drôles d’animaux que les livres. Celui-ci a décidé de sa forme finale il y a quatre ans : nous volions au-dessus du détroit de Magellan dans un fragile coucou ballotté par le vent, le pilote pestait contre les nuages qui l’empêchaient de voir où diable se trouvait la piste d’atterrissage et les points cardinaux étaient une référence absurde, c’est alors que mon socio m’a signalé qu’il y avait, là en bas, quelques-unes des histoires et des photos qui nous manquaient. »
Luis Sepúlveda, avant-propos du livre

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